Ampère, kilowattheure, phase, neutre, différentiel, kVA… Le vocabulaire de l’électricité revient dès qu’on lit une facture, qu’on choisit un appareil ou qu’on ouvre un tableau électrique. Ce lexique rassemble les termes essentiels, classés par thème, avec pour chacun une définition courte et un exemple tiré de la maison.
Quelles sont les grandeurs de base en électricité ?
| Grandeur | Symbole | Unité | Définition | Exemple domestique |
|---|---|---|---|---|
| Tension | U | Volt (V) | Différence de potentiel qui met les charges en mouvement | 230 V entre phase et neutre d’une prise |
| Intensité | I | Ampère (A) | Quantité de charges qui traverse un conducteur par seconde | Calibre 16 A d’un disjoncteur de circuit prises |
| Résistance | R | Ohm (Ω) | Opposition d’un matériau au passage du courant | Résistance chauffante d’un radiateur ou d’un chauffe-eau |
| Puissance | P | Watt (W) | Énergie consommée ou fournie par seconde | Bouilloire de 2 000 W |
| Énergie | E | Kilowattheure (kWh) | Puissance multipliée par la durée d’utilisation | Consommation relevée par le compteur |
| Fréquence | f | Hertz (Hz) | Nombre d’alternances du courant par seconde | 50 Hz sur le réseau français |
Une image aide à retenir : dans un tuyau d’eau, la tension correspond à la pression, l’intensité au débit et la résistance à l’étroitesse du tuyau. La comparaison a ses limites, mais elle aide à distinguer des notions souvent confondues.
Que dit la loi d’Ohm et comment calculer une puissance ?
La loi d’Ohm relie les trois premières grandeurs : U = R × I. À tension constante, plus la résistance est faible, plus l’intensité est forte. C’est pourquoi un court-circuit, où la résistance devient quasi nulle, provoque une intensité très élevée que le disjoncteur doit couper.
La puissance se calcule avec P = U × I. Pour un appareil résistif comme un radiateur, une plaque ou une bouilloire, la relation s’applique directement : un appareil de 2 300 W sous 230 V appelle environ 10 A. Pour les moteurs et l’électronique, un facteur de puissance (cos φ) intervient, et le calcul donne un ordre de grandeur.
L’énergie consommée dépend de la durée : un appareil de 1 000 W qui fonctionne une heure consomme 1 kWh. C’est l’unité facturée par les fournisseurs, tandis que la puissance souscrite de l’abonnement s’exprime en kilovoltampères (kVA). Pour choisir cette puissance, voyez notre article sur les types d’abonnements d’électricité.
Courant alternatif, courant continu : quelle différence ?
- Courant alternatif (AC ou ~) : son sens s’inverse périodiquement. C’est le courant du réseau, à 230 V et 50 Hz en France pour une alimentation monophasée.
- Courant continu (DC ou =) : il circule toujours dans le même sens. Il est fourni par les piles, les batteries et les panneaux photovoltaïques, et utilisé par l’électronique après conversion.
- Monophasé : alimentation par une phase et un neutre, la plus courante dans les logements.
- Triphasé : alimentation par trois phases (et généralement un neutre), avec 400 V entre deux phases ; on la rencontre dans des maisons équipées de gros appareils ou en milieu professionnel.
- Onduleur : appareil qui transforme du courant continu en courant alternatif, par exemple pour une installation solaire.
- Transformateur : appareil qui modifie la tension d’un courant alternatif, comme celui qui alimente un éclairage de jardin en 12 V.
Quels termes désignent les éléments d’une installation électrique ?
Les conducteurs
- Phase : conducteur qui amène le courant. Selon Promotelec, il peut être de n’importe quelle couleur sauf le bleu et le vert-jaune ; le rouge, le marron ou le noir sont courants.
- Neutre : conducteur de retour du courant, toujours bleu clair.
- Terre (conducteur de protection) : conducteur vert et jaune qui relie les masses métalliques à la prise de terre pour évacuer un courant de fuite.
- Section : surface du cuivre d’un conducteur, en mm². Elle détermine l’intensité admissible : 1,5 mm² pour l’éclairage, 2,5 mm² pour les prises, 6 mm² pour une plaque de cuisson en monophasé.
Le tableau et les protections
- Disjoncteur de branchement : appareil général placé en tête de l’installation, qui permet de tout couper.
- Disjoncteur divisionnaire : protège un circuit contre les surcharges et les courts-circuits. Il existe en versions embrochables ou peignables, comparées dans notre guide disjoncteur embrochable ou peignable.
- Calibre : intensité maximale qu’un appareil de protection laisse passer, en ampères.
- Interrupteur différentiel : coupe le courant en cas de fuite vers la terre ; la sensibilité 30 mA protège les personnes. Voir notre article sur l’utilité de l’interrupteur différentiel.
- Parafoudre : protège l’installation contre les surtensions d’origine atmosphérique.
- Circuit spécialisé : circuit réservé à un seul appareil puissant (four, lave-linge, plaque de cuisson).
- GTL (gaine technique logement) : emplacement qui regroupe le tableau électrique et le coffret de communication.
Quels termes de sécurité faut-il connaître ?
- Court-circuit : contact direct entre deux conducteurs actifs, qui provoque une intensité très élevée.
- Surcharge : intensité supérieure à ce qu’un circuit peut supporter durablement, par exemple trop d’appareils sur une même multiprise.
- Défaut d’isolement : perte d’isolation entre un conducteur et une masse, source de courant de fuite.
- Électrisation : passage du courant dans le corps ; on parle d’électrocution lorsqu’elle entraîne la mort.
- Classe I / classe II : un appareil de classe I doit être relié à la terre ; un appareil de classe II, à double isolation, n’en a pas besoin.
- Indice IP : niveau de protection d’un matériel contre les poussières (premier chiffre) et l’eau (second chiffre).
- NF C 15-100 : norme française qui fixe les règles des installations électriques basse tension. Ses exigences de base sont résumées dans notre guide sur l’installation électrique conforme.
- Consuel : organisme qui vise l’attestation de conformité d’une installation neuve ou entièrement rénovée.
Quelles erreurs de vocabulaire éviter ?
- Confondre watts et kilowattheures : le watt mesure une puissance instantanée, le kWh une énergie consommée dans la durée.
- Confondre disjoncteur et différentiel : le premier protège les câbles contre les surintensités, le second protège les personnes contre les fuites de courant.
- Parler de « 220 V » : la tension nominale du réseau domestique français est de 230 V.
- Croire qu’un interrupteur coupé suffit pour travailler : avant toute intervention, coupez le disjoncteur du circuit et vérifiez l’absence de tension avec un appareil adapté. Pour les travaux au tableau ou la création de circuits, faites appel à un électricien qualifié.
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Questions fréquentes
Quelle est la différence entre tension et intensité ?
La tension, en volts, est la « poussée » qui met les charges en mouvement. L’intensité, en ampères, mesure la quantité de courant qui circule réellement. Une prise délivre 230 V en permanence, mais l’intensité dépend de l’appareil branché.
Comment passer des watts aux ampères ?
Divisez la puissance par la tension : I = P / U. Un appareil résistif de 3 450 W sous 230 V appelle environ 15 A. Pour les moteurs et l’électronique, le résultat n’est qu’un ordre de grandeur à cause du facteur de puissance.
Que signifie kWh sur une facture d’électricité ?
Le kilowattheure est l’énergie consommée par un appareil de 1 000 W pendant une heure. C’est l’unité sur laquelle est calculée la part variable de la facture, distincte de la puissance souscrite exprimée en kVA.
À quoi sert le fil vert et jaune ?
C’est le conducteur de protection, relié à la prise de terre. En cas de défaut d’isolement, il évacue le courant de fuite vers la terre, ce qui permet au différentiel 30 mA de détecter la fuite et de couper le courant.
Quelle est la différence entre monophasé et triphasé ?
Le monophasé utilise une phase et un neutre, à 230 V : c’est le cas de la plupart des logements. Le triphasé utilise trois phases, avec 400 V entre deux phases, et convient aux installations comportant de gros appareils ou des moteurs puissants.

