Une installation électrique « parfaite » n’existe pas dans l’absolu, mais une installation conforme obéit à des règles précises, fixées par la NF C 15-100. Ce guide résume les exigences de base pour un logement : protections au tableau, mise à la terre, prises et circuits, salle de bain, et coffret de communication. Il ne remplace pas la norme elle-même, dont les parties détaillées sont diffusées par l’AFNOR, ni l’avis d’un électricien qualifié.
Qu’est-ce que la norme NF C 15-100 ?
La NF C 15-100 fixe les règles de conception, de réalisation et de vérification des installations électriques basse tension, notamment dans les logements. Son objectif est la sécurité des personnes et des biens : prévention de l’électrisation, des surcharges, des courts-circuits et des incendies.
Longtemps réunie en un document unique datant de 2002, complété par des amendements, elle a été entièrement révisée. Selon l’AFNOR, la nouvelle série, publiée en août 2024, compte 21 normes découpées en parties indépendantes, ce qui permet de faire évoluer un sujet sans réviser l’ensemble. Elle s’applique aux installations neuves et aux modifications à partir de septembre 2025. Parmi les évolutions citées par l’AFNOR : des circuits dédiés pour la recharge des véhicules électriques, des exigences renforcées contre l’incendie et de nouveaux sujets comme l’efficacité énergétique.
Quand faut-il respecter la NF C 15-100 ?
La norme n’est pas rétroactive. Elle s’impose :
- à toute installation neuve ;
- aux rénovations, pour les parties modifiées ou ajoutées ;
- de fait, à toute installation qui doit obtenir une attestation de conformité visée par le Consuel : selon le Consuel, c’est le cas de toute nouvelle installation électrique à caractère définitif et d’une installation entièrement rénovée lorsqu’il y a eu mise hors tension par le distributeur.
Un logement ancien peut donc rester en service sans être aux normes actuelles. Lors d’une vente ou d’une location, si l’installation a plus de 15 ans, un diagnostic électricité est obligatoire (valable 3 ans pour une vente, 6 ans pour une location, selon Service-Public) : il signale les anomalies de sécurité sans exiger une mise aux normes complète. Pour savoir quand engager ces travaux, consultez notre article sur le meilleur moment pour sécuriser son installation électrique.
Quelles sont les règles de base d’une installation conforme ?
La protection des personnes
- Une prise de terre reliée à toutes les prises de courant, aux points lumineux et aux masses métalliques, avec des liaisons équipotentielles dans la salle de bain.
- Tous les circuits sous dispositif différentiel 30 mA, avec au moins deux interrupteurs différentiels par logement (un type A, un type AC) et 8 circuits au maximum par appareil. Leur rôle est détaillé dans notre guide sur l’utilité de l’interrupteur différentiel.
- Des prises à obturateurs, qui empêchent l’introduction d’un objet dans les alvéoles.
La protection des circuits
Chaque circuit est protégé par un disjoncteur dont le calibre dépend de la section du câble. Selon Schneider Electric, un conducteur de 1,5 mm² accepte un disjoncteur de 16 A au maximum et un conducteur de 2,5 mm² un disjoncteur de 20 A au maximum. Un calibre trop élevé laisserait le câble chauffer sans que la protection réagisse.
Le tableau et la gaine technique
Le tableau regroupe les protections, étiquetées circuit par circuit, avec une réserve d’au moins 20 % pour les ajouts futurs. Dans les logements neufs, il est intégré à la gaine technique logement (GTL), qui accueille aussi le coffret de communication.
Combien de prises et de circuits prévoir par pièce ?
Les minimums ci-dessous sont ceux indiqués par Legrand et Schneider Electric pour la NF C 15-100.
| Pièce | Prises de courant minimum | Remarques |
|---|---|---|
| Séjour | 5 jusqu’à 28 m², 7 au-delà | Environ une prise par 4 m² ; prises supplémentaires près des prises RJ45 |
| Chambre | 3 | Réparties dans la pièce |
| Cuisine de plus de 4 m² | 6, dont 4 au-dessus du plan de travail | 3 minimum si la cuisine fait 4 m² ou moins ; aucune prise au-dessus de l’évier ou des plaques |
| Autres pièces de plus de 4 m² | 1 | Hors salle de bain et WC |
Les appareils puissants disposent de circuits spécialisés. Selon Legrand, une plaque de cuisson en monophasé exige un circuit dédié de 32 A en conducteurs de 6 mm², tandis que le four, le lave-vaisselle et le lave-linge ont chacun un circuit de 20 A en 2,5 mm². Les prises se placent à au moins 5 cm du sol fini pour une prise 16 A et 12 cm pour une prise 32 A.
La salle de bain obéit à des règles spécifiques de volumes autour de la baignoire et de la douche, détaillées dans notre guide des normes électriques de la salle de bain.
Qu’est-ce qu’un coffret de communication et que dit la norme ?
Le coffret de communication centralise l’arrivée des réseaux (fibre ou cuivre, antenne TV) et les redistribue vers les pièces. Installé dans la GTL, il accueille la box, un répartiteur et, si besoin, un switch. Chaque prise RJ45 du logement y est reliée par un câble dédié, en étoile.
Selon Legrand, la NF C 15-100 fixe les minimums suivants :
| Logement | Prises RJ45 minimum | Répartition |
|---|---|---|
| T1 | 2 | Dans le séjour |
| T2 | 3 | 2 dans le séjour, 1 dans une autre pièce |
| T3 et plus | 4 | 2 dans le séjour, 2 dans d’autres pièces |
Chaque prise RJ45 doit être placée près d’une prise de courant. Legrand mentionne aussi un réseau capable d’au moins 1 Gbit/s et des connecteurs de catégorie 6 au minimum. Pour savoir si un switch suffit ou si un coffret complet s’impose, lisez notre comparatif coffret de communication ou switch.
Comment vérifier qu’une installation est conforme ?
- Au tableau : présence de deux interrupteurs différentiels 30 mA minimum (dont un type A), étiquetage lisible, calibres cohérents avec les sections de câble.
- Test des différentiels : appuyez sur le bouton « T » ; la manette doit basculer immédiatement.
- Prises : toutes équipées d’une borne de terre et d’obturateurs, sans trace d’échauffement.
- Salle de bain : respect des volumes de sécurité et liaison équipotentielle.
- Documents : attestation Consuel pour une installation neuve ou entièrement rénovée ; diagnostic électricité pour un logement ancien mis en vente ou en location.
Au moindre doute, faites établir un état de l’installation par un électricien qualifié. Toute intervention doit se faire après coupure au disjoncteur général et vérification de l’absence de tension.
Quelles erreurs rendent une installation non conforme ?
- Un disjoncteur de 20 A sur un circuit câblé en 1,5 mm².
- La plaque de cuisson ou le lave-linge raccordés sous un différentiel de type AC.
- Des multiprises en cascade pour compenser un nombre de prises insuffisant.
- Un tableau sans réserve ni étiquetage, qui complique toute évolution.
- Des prises RJ45 raccordées en série au lieu d’un câblage en étoile vers le coffret.
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Questions fréquentes
La norme NF C 15-100 est-elle obligatoire dans un logement ancien ?
Non, elle n’est pas rétroactive. Elle s’applique aux installations neuves et aux parties rénovées. Un logement ancien mis en vente ou en location doit toutefois faire l’objet d’un diagnostic électricité si son installation a plus de 15 ans.
Quelle version de la NF C 15-100 s’applique aujourd’hui ?
Selon l’AFNOR, la nouvelle série de normes NF C 15-100, publiée en août 2024, s’applique aux installations neuves et aux modifications depuis septembre 2025. Elle remplace le document de 2002 et ses amendements.
Le coffret de communication est-il obligatoire ?
Dans une installation neuve conforme à la NF C 15-100, oui : il centralise les réseaux de communication dans la gaine technique logement et alimente les prises RJ45 en étoile. Le nombre minimal de prises RJ45 va de 2 pour un T1 à 4 pour un T3 et plus.
Combien de prises faut-il dans une chambre ?
La norme impose au moins 3 prises de courant par chambre. Le séjour en demande 5 jusqu’à 28 m² et 7 au-delà, et la cuisine de plus de 4 m² en demande 6, dont 4 au-dessus du plan de travail.
Qui délivre l’attestation de conformité ?
L’attestation est remplie par l’installateur puis visée par le Consuel. Elle est obligatoire pour toute nouvelle installation électrique et pour une installation entièrement rénovée après mise hors tension par le distributeur.

