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Murs et placo

Monter une cloison en placo : le tuto complet en 7 étapes

En bref — Monter une cloison en placo se joue en trois temps : poser l’ossature (rails au sol et au plafond, montants tous les 60 cm), visser les plaques, isoler et fermer la seconde face, puis traiter les joints. Comptez une journée à deux pour 8 à 10 m², plus deux à trois jours de séchage. Ce qui fait la différence : un traçage au cordeau et au fil à plomb, car une ossature de travers ne se rattrape jamais.

Fermer une chambre dans un séjour, créer un dressing, séparer un bureau : la cloison en plaque de plâtre est la solution la plus rapide pour redécouper un logement. Elle ne charge pas le plancher, elle se démonte, elle accueille gaines électriques et isolant acoustique. Ce qui coince n’est pas la pose des plaques mais l’ossature : des montants mal aplombés, un entraxe approximatif, et la cloison ondule dès qu’une lumière rasante la traverse.

Ce tuto fait partie de notre guide murs et cloisons en placo. Nous détaillons le chantier complet, du traçage au sol jusqu’au ponçage final, avec les variantes pour une salle de bains, une cloison acoustique ou une cloison qui reçoit une porte.

Le matériel nécessaire

  • Des plaques BA13 (1,20 m de large, 2,50 ou 2,60 m de long) : standard, hydrofuge, phonique ou feu selon la pièce ;
  • des rails et des montants galvanisés de même largeur (48, 70 ou 90 mm) — le détail du montage est dans notre pas-à-pas pour poser les rails et montants ;
  • des vis à placo à filet fin de 25 mm (35 mm en double peau) et des chevilles adaptées au sol et au plafond ;
  • une bande résiliente adhésive à coller sous les profilés, contre les transmissions de bruit ;
  • un isolant semi-rigide à la largeur de l’entraxe (laine minérale de 45, 70 ou 100 mm) ;
  • de l’enduit à joint, de la bande à joint papier, un couteau de 10 cm et un couteau de finition de 25 cm ;
  • un cordeau, un mètre, une équerre, un fil à plomb ou un laser, un niveau de 1 m ;
  • une cisaille à tôle, un cutter, une règle de 2 m, une visseuse à butée de profondeur et un lève-plaque ;
  • lunettes, gants anti-coupure et masque à poussières pour le ponçage.

Avant de commencer : ce qu’il faut vérifier

Une cloison a besoin de deux appuis sains : sur un plancher bois qui bouge ou un faux plafond léger, fixez les rails dans la structure porteuse, jamais dans une simple plaque. Mesurez la hauteur sous plafond en trois points : un écart de 2 cm sur 4 m est courant en rénovation et change la coupe des montants.

Repérez les canalisations noyées dans la chape au détecteur avant de percer le rail bas ; un plancher chauffant interdit toute fixation traversante. Choisissez enfin vos plaques : standard en pièce sèche, hydrofuge en salle de bains, phonique entre deux chambres, feu pour un local technique.

Étape 1 : tracer l’implantation

Tout part du sol. Tracez au cordeau la ligne de cloison en tenant compte de l’épaisseur finie : un rail de 48 mm plus deux plaques de 13 mm donnent 74 mm hors tout. Renvoyez ce trait au plafond au fil à plomb ou au laser, contrôlé en trois points, puis reportez les verticales sur les murs de rive. Ne prenez jamais un mur existant comme référence : le défaut d’équerrage se propage sur toute la longueur. Marquez au passage l’emplacement de la porte.

Étape 2 : poser les rails au sol et au plafond

Collez la bande résiliente sous le rail avant de le présenter : elle supprime le contact direct acier-béton et coupe le pont phonique. Percez tous les 50 à 60 cm et fixez avec des chevilles adaptées au support. Posez ensuite le rail haut exactement à l’aplomb : présentez un montant à blanc et contrôlez au niveau. Coupez toujours l’acier à la cisaille plutôt qu’à la meuleuse, qui brûle la galvanisation, et ébavurez les coupes.

Étape 3 : placer les montants à l’entraxe

Coupez les montants 1 cm plus court que la hauteur mesurée : ce jeu permet de les engager par pivotement et laisse la cloison suivre les mouvements du bâtiment. L’entraxe courant est de 60 cm d’axe en axe, ce qui fait tomber chaque bord de plaque au milieu d’un montant. Passez à 40 cm partout où la cloison encaissera une charge : salle de bains, cloison carrelée, meuble haut, écran mural.

Orientez tous les montants dans le même sens pour que les plaques trouvent une aile pleine à visser, et contrôlez chacun au niveau. Contre les murs, le montant de rive se fixe avec sa bande résiliente derrière. De part et d’autre d’une porte, doublez les montants dos à dos et posez un linteau en rail retourné : c’est la zone qui travaille le plus.

Étape 4 : passer les gaines

La cloison est encore ouverte : c’est le seul moment confortable pour les réseaux. Utilisez les œillets prédécoupés des montants et protégez les bords avec un passe-fil. Repérez la position des boîtes, puis photographiez la cloison ouverte : cette photo vous évitera de percer une gaine dans six mois. Toute intervention électrique se fait hors tension, disjoncteur coupé et absence de tension vérifiée.

Étape 5 : visser la première face

Posez les plaques verticalement, face décorative vers vous, en les décollant du sol de 10 à 15 mm avec un lève-plaque ou deux cales : ce jeu protège le carton d’une remontée d’humidité. Vissez tous les 30 cm sur les montants intermédiaires, tous les 20 cm en rive, à 10 mm minimum du bord.

La tête doit s’arrêter juste sous la surface du carton sans le déchirer : c’est le rôle de la butée de profondeur. Progressez du centre vers les bords pour ne pas emprisonner de bosse, et ne faites jamais tomber un joint à l’angle d’une porte, où la fissure est quasi certaine. Les plaques se coupent au cutter le long d’une règle, en cassant sur l’arête puis en tranchant le carton du dos.

Étape 6 : isoler puis fermer la seconde face

Glissez l’isolant entre les montants depuis la face ouverte, dans une largeur légèrement supérieure à l’entraxe pour qu’il tienne par compression, sans tassement ni vide en tête de cloison. Pour comparer les laines et les épaisseurs, notre dossier pour isoler un mur par l’intérieur donne les performances de chaque famille.

Fermez ensuite en décalant les plaques d’un demi-module (60 cm) par rapport à la première face : les joints des deux peaux ne doivent jamais se superposer sur le même montant. Découpez les réservations des boîtes à la scie cloche avant de plaquer.

Étape 7 : traiter les joints et poncer

Les bords amincis forment une cuvette qui reçoit la bande. Chargez d’enduit, noyez la bande à joint papier, serrez au couteau pour chasser l’excédent, laissez sécher 24 heures, puis passez une deuxième et une troisième couche de plus en plus larges. Les angles saillants se traitent à la bande armée. Terminez par un ponçage à la cale, grain 120 à 180, puis dépoussiérez avant la sous-couche.

Les variantes selon les cas

Cloison de salle de bains

Plaques hydrofuges sur les zones exposées, entraxe de 40 cm, bande d’étanchéité en pied. Sous la douche, ajoutez un système d’étanchéité sous carrelage : une plaque hydrofuge résiste à l’humidité ambiante, elle n’est pas étanche.

Cloison acoustique entre deux chambres

Trois leviers cumulables : plaques phoniques à haute densité, double peau à joints décalés, et surtout désolidarisation — bandes résilientes sous tous les profilés, aucun contact rigide entre les deux peaux. Remplissez l’âme complètement et calfeutrez au mastic acrylique.

Cloison sur plancher bois ancien

Une cloison de 8 m² pèse 200 à 300 kg. Faites-la reposer à l’aplomb d’une solive ou d’un mur porteur, jamais au milieu d’une portée.

Les erreurs à éviter

  • Tracer d’après un mur existant : le défaut d’équerrage se propage sur toute la longueur.
  • Poser les plaques au contact du sol : le carton boit la moindre eau de lavage et se décolle.
  • Serrer les vis trop fort : carton déchiré, plaque qui bouge, joint qui fissure.
  • Aligner les joints des deux faces sur le même montant : la cloison perd sa rigidité et transmet mieux le bruit.
  • Fermer avant les gaines : rouvrir coûte une journée et deux plaques.
  • Enduire en une seule passe épaisse : l’enduit fissure et le joint reste visible sous la peinture.

Niveau, temps et budget

Le chantier est accessible à un bricoleur intermédiaire : rien n’est difficile, mais tout demande de la rigueur et une seconde paire de bras pour manipuler des plaques de 2,50 m qui pèsent une vingtaine de kilos. Pour 8 à 10 m², comptez une demi-journée d’ossature, une demi-journée de plaques et d’isolant, puis trois demi-journées étalées sur trois jours pour les enduits. En fournitures, tablez sur 25 à 45 € le mètre carré fini, avec 10 % de plaques en plus pour les chutes et une quinzaine de vis par mètre carré et par face.

Nos astuces de pro

  • Numérotez les positions de montants au crayon sur le rail bas : l’entraxe se vérifie d’un coup d’œil.
  • Plaquez la plaque du genou contre l’ossature avant de visser : un vide laissé derrière claquera plus tard.
  • Posez un renfort de contreplaqué entre deux montants là où un meuble sera fixé. C’est gratuit maintenant, impossible après.
  • Éclairez en rasant avec une baladeuse posée au sol : chaque bosse apparaît avant que la peinture ne la révèle.

Quand faire appel à un professionnel

Une cloison de distribution reste un ouvrage non porteur et se monte sans intervenant. Faites appel à un professionnel dès que le chantier touche à la structure : suppression d’un mur existant, reprise de charge, création d’une trémie. Une cloison ne remplace jamais un mur porteur. Faites également intervenir un électricien pour créer un circuit ou modifier le tableau, la réalisation devant respecter la norme en vigueur. En copropriété ou en location, vérifiez que la modification de la distribution intérieure est autorisée.

Questions fréquentes

Quel entraxe pour les montants d’une cloison en placo ?

60 cm d’axe en axe dans le cas courant, ce qui correspond à la largeur de 1,20 m des plaques. Descendez à 40 cm en salle de bains, sur une cloison carrelée ou partout où une charge sera fixée.

Quelle épaisseur de cloison en plaque de plâtre choisir ?

Une cloison courante fait 72 à 74 mm hors tout : rails de 48 mm et une plaque de 13 mm par face. Montez en 70 ou 90 mm de rails pour améliorer l’acoustique ou loger des canalisations : plus l’âme est épaisse, plus l’isolant travaille.

Faut-il isoler une cloison intérieure ?

Ce n’est pas obligatoire, mais c’est fortement recommandé : une cloison vide fait tambour et laisse passer les conversations. Une laine minérale de 45 mm minimum change le confort pour un surcoût faible.

Peut-on monter une cloison en placo sur du carrelage ?

Oui, si le carrelage est bien collé. Percez avec un foret adapté, sans percussion au démarrage pour ne pas éclater l’émail, et interposez la bande résiliente sous le rail. Un carreau qui sonne creux se dépose localement.

Combien de temps avant de peindre une cloison neuve ?

Après la troisième passe, laissez sécher au moins 24 heures, poncez, dépoussiérez, puis appliquez une sous-couche spécifique plaque de plâtre. Les délais s’allongent en pièce froide : un enduit sec en surface peut rester humide au cœur.

Sources

  • Documents techniques unifiés applicables aux ouvrages en plaques de plâtre.
  • Fiches techniques des fabricants de plaques, profilés et enduits à joint.
  • Retours d’expérience de chantiers, lemondedubricolage.com.
Une cloison neuve vit, et elle se répare.
Le jour où une poignée de porte marquera la plaque, notre méthode pour reboucher un trou dans le placo vous remettra une surface impeccable en une soirée.

Conseils donnés à titre indicatif : respectez les notices des fabricants (fixations, séchages, mise en œuvre des plaques) et les règles en vigueur. Toute intervention électrique se fait hors tension, disjoncteur coupé et absence de tension vérifiée.

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